En novembre, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a déposé au Parlement sa mise à jour économique et financière saisonnière. J’aimerais vous faire part cette semaine de mes appréhensions en ce qui a trait à l’avenir des petites et moyennes entreprises (PME), que la mise à jour a presque complètement passées sous silence.
Les PME sont le poumon de notre économie. Dans Ottawa-Sud seulement, on en compte 3 600, de taille et de secteur d’activité très variés. J’ai rencontré moi-même, pour discuter de toutes sortes de questions importantes, des représentants d’entreprises aussi diverses que Go Travel Direct, NAVCanada, Advanced Business Interiors, Yasmin Bakery et l’Ottawa Central Railway.
Dans tout le Canada, on dénombre quelque deux millions de PME qui emploient six Canadiens sur dix. Il est essentiel de leur fournir toutes les chances possibles de réussir. Or, tout ce qu’on dit à leur sujet dans la mise à jour économique et financière, c’est qu’elles doivent avoir accès à la technologie disponible dans les collèges communautaires du Canada. Il n’est nulle part fait mention d’un stimulant économique bien plus fondamental : les achats du gouvernement fédéral.
Faire des achats du fédéral un puissant levier économique pour les PME canadiennes
Je suis profondément d’accord avec les commentaires émis dernièrement par le fondateur de Mitel Networks et de Newbridge Networks, Terry Matthews, à une conférence organisée par le Centre de recherche et d’innovation d’Ottawa. M. Matthews a dit carrément qu’on devrait fustiger le gouvernement fédéral pour ses politiques d’achats qui favorisent nettement les grandes sociétés aux dépens de nos PME.
Par rapport aux grandes sociétés, les PME doivent consacrer une plus grosse part de leurs revenus à la paperasserie administrative, et certaines d’entre elles ne peuvent se permettre d’attendre la fin du long processus de vérification gouvernemental pour être payées. Il arrive aussi que des restrictions explicites sur le plan de la taille les empêchent de solliciter des marchés publics ou d’y avoir accès.
Au cours de ma première année au Parlement, j’ai fait des pieds et des mains pour convaincre le ministre des Travaux publics d’alors, M. Scott Brison, de sortir des édifices du Parlement pour entendre ce que les entreprises de l’Est ontarien avaient à dire au sujet de la réforme de l’approvisionnement. Ces consultations ont mené à la création du Bureau des petites et moyennes entreprises au sein même du ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux. Il s’agissait là d’une première mesure pour répondre aux préoccupations des petites entreprises.
Écouter les PME et les entrepreneurs
Le Ottawa Citizen a laissé savoir que le gouvernement conservateur ne réussira pas à réduire ses achats de 2,5 milliards de dollars sur cinq ans, comme il s’était engagé à le faire. Depuis les élections fédérales de 2006, le régime d’approvisionnement a connu de brusques changements qui n’ont fait que souligner à quel point les PME se trouvent désavantagées dans un processus d’adjudication de marchés limitant la concurrence.
Et ces changements n’étaient pas aussi transparents que les citoyens étaient en droit de l’espérer. J’ai posé des questions à ce sujet à la Chambre des communes, auxquelles j’attends encore des réponses sans détour. L’été dernier, bon nombre d’entreprises locales m’ont dit craindre de se retrouver à l’écart en raison de ce retournement soudain de la situation. Mes collèges régionaux et moi avons demandé l’imposition d’un moratoire complet sur les changements apportés, jusqu’à ce qu’on parvienne à trouver un juste équilibre.
Lorsque les protestations ont pris de la force et de l’ampleur, le gouvernement a mis un frein à certaines initiatives plus controversées. Je ne suis pas convaincu pour autant que le sénateur Fortier, l’actuel titulaire du ministère des Travaux publics, écoute ce qu’ont à dire les PME, et d’habiles entrepreneurs comme M. Matthews, au sujet des mesures à prendre pour relever complètement notre économie.

