Il y a exactement deux ans, le nouveau gouvernement libéral minoritaire entreprenait sa première session d’automne. Les soins de santé avaient été encore une fois au cœur de la campagne électorale et, après un été d’attente, le premier ministre avait tenu un sommet des premiers ministres pour discuter de ce dossier crucial.
Fonctionnaires provinciaux et commentateurs des heures de grande écoute s’attendaient à des négociations incroyablement difficiles. Stephen Harper, le chef de l’opposition à l’époque, comptait parmi les sceptiques. D’après lui, la conférence était vouée à l’échec.
Le plan décennal pour consolider les soins de santé
Contrairement aux attentes, cependant, la conférence de septembre 2004 a débouché sur un accord fédéral-provincial, signé par les 14 premiers ministres. Cet accord suivait en tout point les recommandations de la Commission Romanow sur l’avenir des soins de santé en accordant 41 milliards de dollars aux provinces.
L’accord a été largement appuyé. Lorsqu’est venu le moment de l’approuver à la Chambre des communes sous forme du projet de loi C-39, tous les partis ont appuyé l’augmentation annuelle du Transfert canadien en matière de santé, de 2004 jusqu’en 2014. L’accord prévoyait à l’intention des provinces la création d’un fonds pour la réduction des temps d’attente et un financement pour l’équipement diagnostique et médical.
Retombées du Plan décennal de 41 milliards pour Ottawa‑Sud
Ces nouveaux fonds ont renforcé les plans provinciaux d’amélioration des soins de santé ici même dans la région. Les hôpitaux d’Ottawa ont reçu 25,6 millions de dollars en 2005-2006 à titre de nouveau financement de base. En deux ans, 116 nouvelles infirmières ont été recrutées à Ottawa. L’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa a pu se doter d’une nouvelle machine de cathétérisation cardiaque et le CHEO d’un nouveau remnographe (IRM). On formera un plus grand nombre de médecins, les inscriptions dans les écoles de médecine devant augmenter de 15 p. 100 d’ici 2008.
De 2004 à 2006, dans la seule ville d’Ottawa, cet argent neuf a permis 1 500 interventions cardiaques, 717 traitements oncologiques, 742 arthroplasties de la hanche et du genou, 800 chirurgies de la cataracte et au-delà de 10 000 examens au remnographe de plus qu’auparavant. Mais il reste beaucoup à faire.
Qui est à la barre du système de santé?
Le silence du ministre de la Santé, Tony Clement, depuis son élection il y a sept mois, sur les mesures qu’il entend prendre pour améliorer les soins de santé au Canada m’inquiète. Les temps d’attente demeurent trop longs. Les Canadiens ne jouissent pas du meilleur service de santé possible.
Et pourtant, M. Clement n’a présenté aucune mesure législative à la Chambre des communes. Il s’est contenté jusqu’ici de déposer un seul projet de loi, le C-5, une initiative libérale de 2005 qui prévoyait la mise sur pied de l’Agence de la santé publique du Canada – et qui a déjà été adopté.
Il a repoussé les négociations avec les provinces sur la promesse électorale des conservateurs d’« établir, d’ici la fin de 2006, des cibles concernant les délais d’attente dans le cas des procédures prioritaires définies par les provinces ». (L'automne dernier, notre gouvernement a tenu sa promesse de 2004 et a fait un immense pas en avant en amenant les provinces à adopter des critères communs en matière de temps d’attente.)
Certes, le système de santé est un véritable défi. Je continuerai quand même d’exiger que le gouvernement – par ses actes et ses paroles – donne suite aux attentes qu’il a créées cet automne.
- Le diabèteLa croissance rapide du diabète au Canada inquiète de plus en plus de Canadiens. J’ai toujours pris très au sérieux...Vendredi 2 mars 2007

