Environnement

Le Protocole de Kyoto : pour ou contre?

par David McGuinty
Emissions

Cette semaine à la Chambre des communes, la question de l’environnement a occupé le devant de la scène. À la suite de la publication du rapport du International Panel on Climate Change, les scientifiques du monde entier ont émis une opinion non équivoque : les activités humaines sont responsables des changements climatiques, et à moins de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, ces changements continueront de s’aggraver.

En 2005, le Protocole de Kyoto dont le but est de lutter contre les changements climatiques est entré en vigueur. En tant que signataire sous le premier ministre Jean Chrétien, le Canada et 167 autres pays se sont engagés à réduire à court terme (2008‑2012) et selon des quantités précises leurs émissions de gaz à effet de serre. Comme porte‑parole de l’opposition officielle en matière de l’environnement, ma priorité absolue est de m’assurer que le gouvernement conservateur minoritaire honore cet engagement.

Le premier ministre a mené la lutte contre Kyoto

J’ai été très troublé de voir que le premier ministre menait une campagne beaucoup plus active que nous le pensions contre Kyoto. Dans une lettre destinée à une collecte de fonds, Stephen Harper, alors chef de l’opposition, écrit :

« Le Protocole de Kyoto est en somme un complot socialiste dont le but est de siphonner l’argent des pays producteurs de richesse. »

« Le Protocole de Kyoto [est] notre campagne pour faire échec à ce traité qui détruit l’économie et fait perdre des emplois. »

« AU CANADA, IL N’Y A AUCUN GAGNANT AVEC LE PROTOCOLE DE KYOTO. »

« Nous allons livrer bataille contre le Protocole de Kyoto »

Ces déclarations sont incroyables. Or, la semaine dernière, quand cette lettre a été rendue publique, l’animateur de radio américain ultra conservateur Rush Limbaugh a rapidement défendu ces déclarations en disant : « Il a raison, et maintenant il est premier ministre du Canada. »

De façon plus troublante, le premier ministre continuait en décembre dernier de parler des « soi‑disant gaz à effet de serre », suggérant qu’ils n’ont peut‑être pas d’effet sur les changements climatiques.

Responsabilité environnementale

La semaine dernière, des députés libéraux ont demandé à 18 reprises au premier ministre d’expliquer le plan de lutte gouvernementale contre les changements climatiques. Chaque fois, c’était la même réponse. Il n’y a pas de plan en ce moment. Certaines parties de notre plan d’action de lutte contre les changements climatiques, appelé Projet vert 2005, sont remballées sous forme d’annonces ad hoc et présentées un peu partout au pays. D’ailleurs, le premier budget conservateur a retranché 5,6 milliards de dollars de ce projet.

Le ministre de l’Environnement, John Baird, s’est rendu à Paris pour assister à des réunions qui se tenaient près du lieu de la conférence du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et a dit sur les ondes de Radio‑Canada qu’il était « très surpris » d’apprendre que les activités humaines étaient responsables des changements climatiques. Lorsqu’il était ministre de l’Énergie au cabinet provincial du premier ministre Harris, M. Baird a mené durant plusieurs années la croisade du premier ministre contre le Protocole de Kyoto.

Les nombreuses réunions du Comité de l’environnement et du développement durable et du Comité législatif sur le projet de Loi C‑30 prévues au cours des prochaines semaines me permettront de continuer de lutter pour garder le Canada dans le Protocole de Kyoto et pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

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