Sur la Colline

Zimbabwe : ça ne peut plus durer

par David McGuinty
Manifestation contre le gouvernement de Mugabe

En septembre 2004, le premier ministre Paul Martin a prononcé un discours‑programme à New York, devant l’Assemblée générale des nations Unies. Il a parlé des tragédies humaines qui se déroulent dans le monde et de la nécessité de mettre en place un nouvel outil qui permettrait à la communauté internationale d’intervenir.

Monsieur Martin a parlé de la « responsabilité de protéger » les populations en établissant une responsabilité internationale collective de telle sorte qu'une action multilatérale puisse être entreprise dans des situations humanitaires d'extrême urgence comme un génocide, des crimes de guerre, un nettoyage ethnique ou d’autres crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, le Canada doit traduire ces paroles en actions et aider la population du Zimbabwe.

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a déployé ses services de sécurité et les membres de la milice Green Bomber afin de brutaliser les défenseurs des droits de la personne et les simples citoyens. Des milliers d'agressions ont été commises contre des civils, notamment des viols, de la torture et des meurtres.

Le président Mugabe a récemment empêché que des denrées soient livrées à sa population affamée et il a forcé certaines des rares organisations non gouvernementales encore présentes à quitter le pays. Cela a provoqué une grave pénurie de médicaments dans le pays où 25 p. cent de la population est infectée par le VIH. L'espérance de vie moyenne au Zimbabwe est actuellement de 32 ans pour une femme et de 37 ans pour un homme. C'est la plus faible espérance de vie au monde.

Malheureusement, même si la situation est désastreuse au Zimbabwe et même si nous enregistrons ici un surplus de 13 milliards de dollars, le gouvernement conservateur a décidé de réduire de financement que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) consacre à des programmes de secours et des programmes humanitaires. C'est inconcevable

Je vous représente à titre de député depuis bientôt trios ans déjà et dans le cadre de mes fonctions, j’ai travaillé à la promotion et à la protection des droits de la personne à l’étranger. J’ai vécu en Côte d’Ivoire car j’ai travaillé pour l’UNICEF qui oeuvrait dans 23 pays de l’Afrique occidentale et de l’Afrique centrale et je suis au courant des situations qui peuvent se produire dans les pays en voie de développement.

Je demande au gouvernement conservateur de prendre des mesures fermes contre le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, en raison de la violence institutionnelle à laquelle il a constamment recours et des violations flagrantes des droits de la personne humaine qu'il a commises contre des civils innocents. Des observateurs respectés ayant pour fonction de veiller au respect des droits de la personne ont demandé au gouvernement conservateur d'aider la population en situation critique du Zimbabwe par les mesures suivantes, notamment :

● en faisant passer de 4 millions à 20 millions de dollars l'aide au titre des médicaments, de la nourriture et d'autres fournitures essentielles;

● en nommant un envoyé spécial canadien pour cette crise;

● en faisant pression sur le Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il sanctionne Robert Mugabe et le fasse comparaître devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

Si la situation au Zimbabwe ne s’améliore pas, je crois qu’il faudra envisager d'autres mesures, dont la possibilité d'expulser l'ambassadeur du Zimbabwe en poste au Canada. Le monde a oublié la destruction du Zimbabwe et le sort tragique de sa population. Le Canada entretient des liens politiques avec les dirigeants d'autres pays d'Afrique, avec le Commonwealth et avec d'autres organismes multilatéraux. Nous avons une occasion à saisir ainsi que la responsabilité d'agir.

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