On semble toujours s’interroger sur l’identité canadienne. Qui sommes-nous? Qu’est-ce que cela signifie d’être Canadien? Et que pensent les citoyens des autres pays de nous?
Nous nous interrogeons moins souvent sur le statut international de notre territoire. Quelles terres – et quelles voies navigables – appartiennent au Canada? Et comment le prouvons-nous?
À mesure que la tendance au réchauffement climatique se poursuit, ces questions deviennent très importantes dans le Nord. La plupart des îles de l’archipel arctique qui s’étendent au nord de notre territoire continental sont reconnues comme des terres appartenant à notre pays.
Mais de nombreux pays, et surtout les États-Unis, ont contesté notre droit de régir le passage du Nord-Ouest. Cette voie navigable qui relierait l’Atlantique Nord et le Pacifique Nord est une route commerciale dont on rêve depuis des centaines d’années. Ce n’est que récemment, avec la fonte des glaces de plus en plus précoce chaque été, que ce rêve semble à notre portée.
Nous ne devrions jamais hésiter à faire valoir que les États-Unis ont tout intérêt à ce que nous – un allié fidèle et leur plus important partenaire commercial – soyons les propriétaires et les gardiens du passage du Nord-Ouest. Bien des gens aux États-Unis seraient plus que ravis que nous assumions le contrôle. Mais même si le gouvernement américain reconnaissait que ce passage nous appartient, d’autres pays jugeraient dans leur intérêt de contester notre revendication.
Le droit international régissant la possession d’un territoire dépend de la reconnaissance des pays étrangers et de la capacité de démontrer l’utilisation du territoire revendiqué. Jusqu’ici, les autres pays n’ont pas souhaité et n’ont pas pu contester nos revendications. Mais si nous n’agissons pas maintenant pour démontrer que nous possédons les eaux et les îles du Nord, le réveil pourrait être brutal au début du siècle.
Le temps d’agir
Je tiens à féliciter le premier ministre Harper d’avoir décidé d’agir au sujet de la souveraineté et d’acheter trois brise-glace. Nous pourrons évaluer à un autre moment les coûts et les avantages de ses plans pour la défense nationale dans le Nord, y compris son choix particulier de brise-glace militaires, mais pour l’instant, je suis ravi de voir qu’il semble comprendre les conséquences si nous n’agissons pas rapidement. La glace fond et certains experts prévoient que nous n’avons pas plus de 15 ans pour prouver nos revendications dans les faits.
Ses annonces suivent les traces du chef de l’opposition, Bill Graham, qui s’était fait un point d’honneur de se rendre à l’île Hans Island à titre de ministre de la Défense l’été dernier. Cette île demeure un territoire du Nord dont le Danemark conteste encore le statut. La visite de M. Graham constituait une affirmation claire de notre souveraineté dans le Nord, qui n’a pas pas été imitée par le ministre de la défense danois.
La sécurité nationale et l’environnement sont en jeu. Si nous ne possédons pas le passage du Nord-Ouest, nous ne pouvons pas faire appliquer des lois comme la Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctiques. Et si les navires étrangers sont autorisés à emprunter le passage du Nord-Ouest, l’Arctique devient immédiatement notre côte la plus vulnérable à un moment où l’activité humaine découlant de l’accroissement de la population ou de l’industrie pourrait se déplacer vers le Nord.
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